LE SPECTRE DE LA SCHIZOPHRÉNIE ET AUTRES TROUBLES PSYCHOTIQUES

La schizophrénie et plusieurs autres maladies sont regroupées sous le terme du trouble du spectre de la schizophrénie puisqu’ils ont des symptômes et des origines en communs ou similaires. Selon le DSM-V, ces troubles sont définis par des anomalies dans au moins un des cinq domaines suivants : idées délirantes, hallucinations, discours désorganisé, comportement grossièrement désorganisé ou catatonique et symptômes négatifs (critères diagnostiques A).

Établir un diagnostic relève d’un processus complexe qui doit prendre en compte différentes combinaisons possibles de symptômes, de la personnalité de chaque individu, de l’âge et de l’histoire d’une personne, des facteurs déclenchants et de la durée des symptômes. C’est un médecin, en général un psychiatre, qui pose un diagnostic. Chaque individu est unique et la maladie se dissimule sous les traits de caractère de la personne concernée. Les informations que peuvent apporter la famille et les amis au sujet des comportements de la personne, au cours des derniers mois, contribuent également à renseigner le médecin. Le psychiatre appuie son analyse sur la description contemporaine des symptômes définis dans le DSM-V (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) qui fait l’objet d’un large consensus.

Le spectre de la schizophrénie et des autres troubles psychotiques comprend la schizophrénie, les autres troubles psychotiques et la personnalité schizotypique.

Personnalité schizotypique

Il s'agit d'un mode d'organisation psychique caractérisé par une grande pauvreté sur le plan des interactions humaines, une anxiété intense envers les relations proches, une construction de la pensée marquée par les distorsions cognitives et perceptuelles, la superstition, les conduites excentriques et la bizarrerie d'un discours souvent métaphorique.

Trouble délirant

Le trouble délirant est caractérisé par une ou plusieurs convictions erronées, qui persistent pendant au moins 1 mois. Il s’agit d’une croyance fixe qui ne change pas malgré une preuve du contraire. Le délire n’est pas bizarre dans le sens qu’il est compréhensible et qu’il peut se rattacher à des événements plausibles de la vie au quotidien. Les comportements de la personne sont habituellement normaux, hormis le côté illusoire. Il y a plusieurs types de troubles délirants, dont les délires érotomaniaques, la mégalomanie, la jalousie, les délires de persécution et les troubles somatiques.

Le trouble délirant se distingue de la schizophrénie par l’absence de deux symptômes importants : la désorganisation de la pensée et les idées bizarroïdes. S'il existe des hallucinations, elles ne sont pas au premier plan et elles concernent le thème du délire.

Trouble psychotique bref

Le trouble psychotique bref est caractérisé par la survenue brutale d’un épisode psychotique aigu chez un sujet sans antécédent de même nature. L’épisode de perturbation dure au moins un jour, mais moins d'un mois avec finalement un retour complet au niveau de fonctionnement précédent. L'épisode ne peut être expliqué par un autre trouble.

Trouble schizophréniforme

Les caractéristiques essentielles du trouble schizophréniforme sont identiques à celles de la schizophrénie (idées délirantes, hallucinations, discours désorganisé, comportement désorganisé et symptômes négatifs tels que l’émoussement de l’affect et la perte de volonté) à l’exception de deux différences: la durée totale de la maladie est d’au moins un mois, mais inférieure à six mois et il n’y a pas nécessairement une dégradation du fonctionnement social ou des activités à un moment ou l’autre de la maladie. Si les symptômes persistent au-delà de six mois, le diagnostic doit alors être modifié pour celui de schizophrénie.

Schizophrénie

La schizophrénie se manifeste par des épisodes aigus de psychose, suivis de divers symptômes pouvant perdurer dans le temps. Le diagnostic implique la présence de deux (ou plus) des symptômes suivants (avec au moins un des trois premiers) : idées délirantes, hallucinations, discours désorganisé, comportement grossièrement désorganisé ou catatonique, symptômes négatifs. Ceux-ci sont associés à une dégradation du fonctionnement social et/ou professionnel. Les perturbations durent au moins 6 mois. Pendant cette période, les symptômes de la phase active doivent avoir été présents au moins 1 mois. Des signes avant-coureurs peuvent être dépistés avant la phase active et des symptômes résiduels souvent négatifs peuvent la suivre.

Trouble schizoaffectif

On retrouve dans le trouble schizoaffectif une combinaison de symptômes de la schizophrénie (tels que des idées délirantes ou des hallucinations) et de symptômes de troubles de l’humeur, comme la manie ou la dépression. Il se distingue de la schizophrénie par l'apparition d’au moins 1 épisode de dépression, de manie ou d’un épisode mixte, auxquels peuvent être associés des symptômes psychotiques. Des idées délirantes ou des hallucinations doivent avoir été présentes pendant au moins 2 semaines, en l'absence de symptômes thymiques avérés (dépressif ou maniaque) sur l'ensemble de la durée de la maladie.

Trouble psychotique induit par une substance ou dû à une autre affectation médicale

Les caractéristiques essentielles de ce trouble psychotique sont des hallucinations ou des idées délirantes prononcées qui sont considérées comme dues aux effets physiologiques directs d'une substance ou bien la conséquence physiologique directe d’une autre pathologie médicale.

Critères diagnostiques de la schizophrénie (DSM-V)

A. Deux (ou plus) parmi les symptômes suivants, chacun devant être présent dans une proportion significative de temps au cours d’une période d’un mois (ou moins en cas de traitement efficace). Au moins l’un des symptômes (1), (2) ou (3) doit être présent :

  1. Idées délirantes ;
  2. Hallucinations ;
  3. Discours désorganisé ;
  4. Comportement grossièrement désorganisé ou catatonique ;
  5. Symptômes négatifs (ex. aboulie, diminution de l'expression émotionnelle).

 

B. Durant une proportion significative de temps depuis le début du trouble, le niveau de fonctionnement dans un domaine majeur tel que le travail, les relations interpersonnelles ou l’hygiène personnelle est passée d’une façon marquée en dessous du niveau atteint avant le début du trouble (ou, quand le trouble apparaît pendant l’enfance ou l’adolescence, le niveau prévisible de fonctionnement interpersonnel, scolaire ou professionnel n’a pas été atteint).

C. Des signes continus du trouble persistent depuis au moins 6 mois. Pendant cette période de 6 mois, les symptômes répondent au critère A (c.-à-d. les symptômes de la phase active) doivent avoir été présent pendant au moins un mois (ou moins en cas de traitement efficace).

D. Un trouble schizoaffectif, ou dépressif, ou un trouble bipolaire avec manifestations psychotiques ont été exclus parce que 1) soit il n’y a pas eu d’épisode maniaque ou dépressif caractérisé concurremment avec la phase active des symptômes, 2) soit, si des épisodes de trouble de l’humeur ont été présents pendant la phase active des symptômes, ils étaient présents seulement pendant une courte période de temps sur la durée totale des phases actives et résiduelles de la maladie.

E. Le trouble n’est pas imputable aux effets physiologiques d’une substance (p. exemple une drogue donnant lieu à abus, ou un médicament) ou à une autre pathologie médicale.

F. S’il existe des antécédents de trouble du spectre de l’autisme ou de trouble de la communication débutant dans l'enfance, le diagnostic surajouté de schizophrénie est posé seulement si des symptômes hallucinatoires et délirants importants, en plus des autres symptômes de schizophrénie nécessaires au diagnostic, sont aussi présents pendant au moins un mois (ou moins en cas de traitement efficace).

 

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